Raconter la pratique

Raconter la pratique comme on se raconte. Les choses poétiques qui s’imposent à mon esprit avant de se diluer dans l’ailleurs.

Raconter la pratique avec l’envie de faire plus que raconter. Incarner, donner à voir, faire exister par les mots péniblement choisis, insatisfaisants toujours.

Raconter la pratique avec le besoin de transmettre une passion toujours plus grande, un univers de sensations.

Mon esprit s’ouvre à cet ailleurs indistinct, impénétré, impalpable. Mon esprit s’ouvre à ce que mon cœur a choisi d’aimer, de choyer, de célébrer.

Chaque pratique est un hommage rendu au corps.

Corps perdu, tendu, épuisé ; corps puissant, beau, éclatant.

Chaque pratique m’offre la redécouverte de ce que j’ai tendance à oublier : le nœud dans l’épaule, l’ouverture du bassin, la tension dans la jambe, l’ampleur du souffle.

Chaque pratique est une manière d’appréhender le vivant. Le vivant de ma propre structure. Je suis à moi-seule un écosystème savamment pensé.

Pratiquer, c’est rendre hommage à la performance du système.

Corps qui vit et devient expansion.

Il y a dans le mot “pratique” l’idée d’être dans le faire.

Pratiquer, c’est mettre en place le cadre de l’action et évoluer dans l’action.

L’action a un début, un milieu, une fin.

Si je pratique avec assiduité, je finis par ne plus distinguer le moment solennel du moment ordinaire.

Mon être tout entier aura alors intégré la pratique.

Je pourrai alors affirmer que je ne pratique pas mais que je suis.

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